Celle qui est toujours là

celui qui est absent mais qui est toujours là

celui qui est trop grand et qui ne marche pas droit

celles qui se suivent mais ne se croisent jamais

ceux qui vieillissent

celle qui ronge

celui qui ploie

ceux qui sont frères mais ne se ressemblent pas

celui qui est parti

ceux qui s'effacent malgré les attaches

celle qui a le regard stricte de l'enfance stoppée nette

ceux qui sont le liant d'un tout informe

celui qui crie

celle qui soutient celui qui supporte

ceux qui s'effacent

celle qui co-construit

celui qui raconte la nuit

celle qui est petite frêle et qui en impose

celle qui lui ressemble

celui qui parle d'Orphée et d’Eurydice

celui qui se noie et celle qui reste

ceux qui rejouent l'enfance sur un fond blanc

celui qui grince

celui qui s'efforce d'y croire

ceux qui me hantent

ceux qui m'échappent

ceux qui s'effondrent

celle qui grince

celui qui craque

celle qui crie

celle qui trop maigre de jalousie ne cesse de parler

celle qui se tait

celles qui sonnent faux

celle qui agrippe

celle qui sert

celle qui mord

celui qui est mort

celui qui tremble et tient ma main

celui qui souffre

celui qui si grand est devenu si petit

celui qu'on essaie de garder

celui qu'on porte

celle qui tombe

ceux qui regardent

celle qui boucle et tourne et boucle et tourne

celui qui donne son élan

© 2020 Charlotte Audoynaud