Nous sommes perdus

Il y a eu le bleu

Nous sommes perdus est une errance en plusieurs actes, où se croisent dans une nature englobante des corps égarés, absorbés. Ce sont des proches, des ­individus dispersés, esseulés qui ­constituent à la fois un groupe uni et désuni. Seule la figure du père est absente. Il est l’élément manquant qui rassemble. La nature apparaît comme un terrain de jeu, avec ses chemins sans but, ses zones obscures et ­abruptes, ses ­lumières découpées et ses horizons bouchés. C’est le long de ces ­marches dans ces paysages à la fois inquiétants et ­troublants où se construisent les imaginaires, que se tisse la trame de cette série, le temps d’une fuite sans issue. Des bribes dispersées d’éléments naturels se mêlent à ces corps, pour esquisser une cartographie floue où ­le manque et la solitude en ­façonnent les frontières.

L’Acte 1 de se projet s’écrit dans les zones boisées d’une forêt dense et sombre. Il s’incarne dans une lumière jaunie d’une heure tardive. Les ombres et les corps se frôlent dans un camouflage précaire, les regards se perdent, les eaux stagnent, figés. Il y a eu le bleu, un silence marqué de deux regards fixes.

été 2018

© 2020 Charlotte Audoynaud