Nous sommes perdus

En apnée sous l’eau verte

Nous sommes perdus est une errance en plusieurs actes, où se croisent dans une nature englobante des corps égarés, absorbés. Ce sont des proches, des ­individus dispersés, esseulés qui ­constituent à la fois un groupe uni et désuni. Seule la figure du père est absente. Il est l’élément manquant qui rassemble. La nature apparaît comme un terrain de jeu, avec ses chemins sans but, ses zones obscures et ­abruptes, ses ­lumières découpées et ses horizons bouchés. C’est le long de ces ­marches dans ces paysages à la fois inquiétants et ­troublants où se construisent les imaginaires, que se tisse la trame de cette série, le temps d’une fuite sans issue. Des bribes dispersées d’éléments naturels se mêlent à ces corps, pour esquisser une cartographie floue où ­le manque et la solitude en ­façonnent les frontières.

L’Acte 2 de ce projet se noie dans un ­environnement forestier, aquatique ­et ­vibrant. Les matières sont ­impalpables, glissantes, fuyantes ou brutes. Ici, les ­personnages ­semblent figés sur le seuil d’un après qui grince où la faune et la flore se mêlent aux corps immobiles, telle une mue inachevée d’une ­métamorphose échouée.

été 2019

© 2020 Charlotte Audoynaud