Devant le blanc de ton enfance

De là un rosier en fleurs, tu poses, beau, fier

Devant le blanc de ton enfance

Le nord, là d’où tu viens, ton ancrage

Les mines, la course à pieds, le foot, les copains dans la rue

En fond le noir des terrils, le rouge de la brique.

Puis la guerre.

A l’est ensuite, et le nord à nouveau,

Tes filles

Ici, le destin, l’amour

Tes filles.

Tout s’enchaîne, j’entends

Les voyages, les soirées, les valses 

La maison sur les dunes, la pêche, le train électrique

J’imagine, le bleu, le jaune et toi souriant sur ton bateau,

brun sûrement.

De notre enfance, les fleurs, les framboises, les mûrs

Toi dans le jardin sur le tracteur, rouge

Les jeux de dames, les parties de tarots, l’été 

Au bord de la piscine, les apéros au soleil.

Enfin les tisanes prises ensemble,

La chambre orange, les chansons, les histoires, 

Au réveil les petits sur le lit

Sous la charmille, les puzzles en clair obscur,

Le chapeau de paille toujours laissé dans l’oubli,

La recherche quotidienne des deux cannes 

La brique dans l’eau azur, les géraniums rouges

L'immanquable tour de l’étang.

janvier 2020

 

© 2020 Charlotte Audoynaud