02bis.jpg

VAISSEAU SPATIAL : c’est mon premier tatouage, je l’ai fait à 18 ans. Je l’ai dessiné avec mon père un soir. J’ai choisi ce motif car à l’époque j’étais assez fascinée par les vaisseaux spatiaux ou l’imagerie de la science-fiction des années 80. C’était aussi une période où je sortais avec un garçon dont j’étais très amoureuse. Un soir on fumait sur les rochers face à la mer et il y a eu un ferry illuminé qui est passé devant nous. On aurait dit un vaisseau spatial flottant dans la nuit.

PISCINE ET PLONGEOIR : période aux beaux-arts où je m'intéressais pas mal au motif de la piscine et au travail de David Hockney, en peinture comme en photo. J'ai voulu cette disposition sur mes mollets pour le duel plongeoir/piscine. C'est un rappel pour "se jeter à l'eau", se lancer à l'aventure...

12bis.jpg
07BIS.jpg

CAIRN ET BOULE A NEIGE : je vivais à Manchester. Le cairn était un motif que je trouvais très beau. J'ai lu que les cairns étaient à la base des balises sur les sentiers de randonnées. Il y a cette idée de tracer et marquer son chemin. Manchester est une ville où j'ai adoré habiter, ça faisait sens pour moi de tatouer un cairn balise à cet endroit. Dans la boule à neige, il y a une brique rouge. Les 80% de l'architecture de Manchester sont en brique rouge. Enfin, ce n'est pas de la neige dans cette boule mais de la pluie. Le tatoueur m'a dit qu'il avait pris la liberté de remplacer la neige par la pluie car à Manchester il pleut tout le temps.

BOITE D'ALLUMETTES : c'est à la base un dessin au crayon que j'avais fait dans mon jardin. Sur le dessus de cette boîte, il y a un paysage. Dernière année aux beaux-arts : le début de mes réflexions artistique sur le paysage.

01bis.jpg
10BIS.jpg

MAGICIEN : il sort d'une coquille d’œuf. J'ai 24 ans, j'ai fini mes études, rentre d'un voyage de 4 mois, commence ma vie d'artiste, je m'intéresse à la figure de la sorcière, suis féministe affirmée. Je ne sais pas s'il faut voir beaucoup de symbolique dans celui-là... Mais l'idée d'un personnage mystique qui sort de sa coquille et s'affirme me plaisait. 

STELE VERTE : un gros coup de tête, mais j'adore les stèles, je trouve ça incroyable, j'aimerai un jour faire une vidéo avec des stèles qui chantent.

05BIS.jpg

MAIN QUI CROISE LES DOIGTS : fait le lendemain du premier déconfinement covid. 

09bis.jpg
04bis.jpg

Alice

Sur le seuil de son départ pour le sud, je fais le portrait photographique d’Alice, jeune femme de 25 ans. Les prises de vues ont lieu dans sa chambre vidée. Il ne reste que le fauteuil offert par son père et ses plantes auxquelles elle tient. Ils sont ses fétiches. De sa fenêtre, nous pouvons observer cette roche qui la fascine.

A ces images s'associent les textes d'Alice sur ses tatouages. Ces écrits nous apportent des bribes d'informations sur elle. Ensemble nous allons construire nous allons construire ensemble un récit autobiographique fictionnel.

"Notre existence est une traversée continue d’un espace à un autre , d’une relation à une autre. Nous sommes des êtres en perpétuelle transition, nos expériences se renouvellent constamment sans que nous ayons la possibilité de pouvoir les fixer. Les tatouages permettent d’immobiliser les souvenirs , de les cristalliser pour toujours avant que notre vie en changement permanent les efface. Ils permettent de nous rappeler que malgré le temps qui passe , nos expériences passées persistent et sont toujours visibles dans notre présent. Malgré le départ vers un nouveau monde , nos tatouages montrent que nos expériences constituent qui nous sommes , et s’imprègnent en nous de manière indélébile sur nos corps "

Mathilde Audoynaud.  


Textes Alice Delanghe

 

Fin hiver 2020

Série de 11 photographies
D’après négatifs 6x6 numérisés
Dimensions variables